Il parla de ses interrogations avec Quentin qui lui dit de ne pas s'en faire pour ça. Une fois qu'il sera capable de mieux gérer son empathie, il sera plus libre de vivre comme il en aura envie. Quoi qu'il choisisse, il pourra toujours demander de l'aide à Philippe, Audric, Jo, lui-même ou à n'importe quel membre de ce qu'il appelait la Ligue. Broca fut très touché par les propos de Quentin, car le peu de famille qui lui restait, c'est-à-dire son père et une tante, refusait de le voir ou de lui parler depuis que les premiers signes de sa « maladie » sont apparues. Ils reparlèrent de tout cela quand Philippe revint les voir, il ne put malheureusement pas rester très longtemps. Avant qu'il ne s'en aille, Quentin lui demanda, s'il ne voulait pas venir avec Audric la prochaine fois. Philippe trouva l'idée excellente, ça fera plaisir à Audric de rencontrer, enfin, Broca. Quentin ajouta que ce sera un bon exercice pour Broca de rencontrer quelqu'un de nouveau. Philippe lui demanda si Audric ne serait pas trop difficile à gérer pour Broca, ce qui fit rire Quentin, mais il assura que tout devrait bien se passer. En effet, la visite d'Audric le samedi suivant se déroula sans problème. Broca était très content de l'expérience, même si cela l'avait fatigué, car contrôler les émotions de trois personnes qui arrivent en même temps lui a demandé beaucoup d'énergie. Il manquait encore de pratique dans le contrôle de ses capacités, mais l'exercice lui avait redonner un peu confiance en lui.
Quelques jours plus tard, Broca rejoint précipitamment Quentin qui est sorti chercher du bois pour le poêle et lui demande ce qui l'effraie. Quentin lui répond qu'il n'a pas peur, que cela doit provenir de quelqu'un d'autre. Il lui conseille de se concentrer sur cette peur pour essayer de savoir d'où elle provient. Il ferme les yeux, se concentre autant qu'il le peut et fini par isoler une direction. Ils la suivirent durant près de dix minutes avant d'entendre des sanglots venant de derrière un arbre. C'était une fillette de 6 ans environs. Quentin proposa à Broca d'emmener la fillette à la cabane pour lui donner à boire et à manger pendant qu'il ira prévenir la police. Broca lui dit que ce ne sera pas nécessaire, une équipe de secours approche. Il lui indique la direction et lui dit qu'il retourne à la cabane, il se sentait très fatigué. Quentin demanda son prénom à la fillette, elle refusa de répondre. Elle lui expliqua qu'elle n'avait pas le droit de parler aux inconnus. Il dû employer des trésors de diplomatie pour qu'elle accepte de le suivre et à peine deux minutes plus tard, il commença à entendre quelqu'un appeler. Ils marchèrent encore un peu dans la direction d'où provenait la voix et il entendit distinctement appeler Zoé. La fillette reconnu la voix de son père. Quelques instants plus tard, elle était dans les bras de son père qui pleurait. Dès qu'il eu embrassé sa fille, il remercia chaleureusement Quentin d'avoir retrouvé sa fille, celui-ci lui dit que c'était grâce à Broca qu'il l'avait découverte, mais sans lui expliquer comment. Le père de Zoé insista pour aller le remercier, Quentin accepta en lui expliquant que Broca souffre d'une phobie de la « foule » qui, nerveusement, le fatigue beaucoup. Il promit à Quentin de ne pas rester longtemps. Quentin le conduisit avec Zoé jusqu'à la cabane où Broca les attendait sur le pas de la porte, il les avait sentis approcher. Les remerciements du père et le sourire de Zoé le touchèrent énormément. Le père voulu leur offrir une récompense, ils refusèrent en disant qu'ils n'avaient rien fait d'exceptionnel. Avant de partir, il leur donna son nom et ses coordonnées au cas où il auraient besoin de quoi que se soit. Quentin proposa de leur indiquer le plus court chemin pour sortir de la forêt et il fit un bout de chemin avec Zoé et son père.
Quand Quentin rentra, Broca lui avoua que pour la première fois, il était content d'avoir ses capacités, car elles lui avaient permis d'aider quelqu'un, de ne pas se sentir inutile.
Quelques semaines plus tard, Broca emménagea seul dans une vraie maison, c'est Philippe qui lui a trouvé. Elle appartient à un de ses collègues de la clinique qui l'a hérité de sa grand-mère, il y va plus que très rarement. Comme il ne peut pas se résigner à la vendre et qu'il n'a pas trouvé de locataire, parce que la maison est trop isolée et n'a pas été entretenu depuis un bout de temps, Philippe lui a proposé de laisser Broca y vivre gratuitement en échange de surveillance et d'entretien. Le propriétaire accepta et demanda à Broca de lui rendre un service supplémentaire: aller rendre visite à sa grand-tante une fois ou deux par semaine, elle habitait à moins de deux kilomètres de la maison. Enfin il allait pouvoir commencer à vivre.
FIN



