Quand je découvre quelques choses que j'apprécie, j'aime le faire savoir, alors voici l'adresse:
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"S'y retrouveront tous ceux pour qui l'amour n'est pas prétexte à imposer"
Bruno Sulak
" Ne vous fiez pas à ce qui a été acquis du fait de l'avoir entendu de façon répétée ;
ni du fait de la tradition ; ni du fait de la rumeur ; ni du fait que ça se trouve dans une écriture..."
Bouddha
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Aujourd'hui, cela fait 23 ans que Bruno Sulak est mort.
Quand on lit ce qu'il a écrit, on perçoit quelqu'un d'intelligent et sensible, touché par les injustices du monde. Quelqu'un que l'on aimerait avoir pour ami ou voisin. On ne peut qu'être choqué par sa disparition brutale. Il n'était pas parfait, c'est certain, mais qui peut prétendre l'être?
Sa compassion était naturelle, pas pour paraître, pas une façade, mais parce qu'il était, tout simplement. Il vivait par le superflu des autres (les bijoux) et selon les valeurs qui lui semblait naturelles, justes et importantes.
Il ressemblait à un enfant qui jouait aux gendarmes et aux voleurs, il avait choisi le côté des voleurs.
Pas celui des fous de la gâchette qui tueraient pour quelques billets, mais celui des « Arsène Lupin » qui vole plus par jeu, pour le défi, que pour l'appât du gain.
Pourquoi les bijouteries? Peut-être parce que c'est le symbole du superflu par excellence et de la consommation. Peut-être parce que que voler une grande bijouterie comme Cartier ne fait de mal à personne, par même à Cartier qui est bien assuré.
Pour Bruno Sulak, une vie avait plus de valeur que n'importe quel butin et il l'a prouvé par ses actions en abandonnant des braquages en plein milieu pour éviter que les choses ne « dérapent », pas pour lui, il ne courait aucun risque à ce moment-là, mais pour la sécurité des personnes présentent. Il voyait tout le monde comme pouvant être son frère, sa soeur, son père, sa mère ou sa fille. Jusqu'au bout ses mains étaient propres et sa conscience en paix.
La limite entre le bien et le mal est bien mince. Voler 1 millions d'euros à quelqu'un qui en possède 100, est-ce plus répréhensible que de voler 100 euros à quelqu'un qui vit avec 500 euros par mois? Que dire de ceux qui gagne légalement leur vie en poussant des personnes à acheter des choses hors de prix dont ils n'ont pas besoin, qui sont au-dessus de leur moyen et qui n'ont même pas demandé. De ces sociétés de crédit qui prétendent aider les gens en les ruinant à coup d'intérêts exorbitants. Combien de personnes se suicident chaque année à cause de cela? Pourtant ces pratiques sont légales!
A côté de cela que dire du vol de bijoux dans des bijouteries bien assurées? Pousser des gens au surendettement, voire au désespoire et au suicide, est-il plus « honnête » ou « moral » que de voler un bijoutier qui, lui, sera remboursé de ce qu'il a perdu? La question n'est pas simple, c'est vrai, mais mérite d'autant plus réfléxion!
Bruno Sulak est mort, battu à mort par ses gardiens et d'une « chute » d'une fenêtre au 2e étage (seule la chute est la cause officielle). Les gardiens ont reçu une médaille pour avoir empêché l'évasion d'un « dangereux criminel ». C'est ça la justice?
Personnellement, je me sentirais plus en sécurité, sachant Bruno Sulak vivant et libre que mort abattu par des « matons » qui, eux, sont libre. Des « matons » qui sont capable de ça sont bien plus dangereux que Bruno Sulak ne l'a jamais été!
Ne confondons pas crime et délits. Voler, ce n'est pas bien, mais voler mêmedes milliards ne sera jamais plus grave que de tuer une personne. Il a volé, c'est vrai, mais on l'a tué!
Malheureusement, rien ne le ramènera plus, mais n'oublions pas sa vie, son histoire et ne laissons pas se reproduire ce genre d'injustice. Ayons, comme lui, le courage de nos opinions et ne fermont pas les yeux sur les injustices, quelles qu'elles soient. Comme le disait Edmund Burke : « Pour que le Mal triomphe….. Il suffit que les hommes de bien ne fassent rien »
Le monde se porterait certainement beaucoup mieux s'il y avait davantage de Bruno Sulak et tant pis (ou tant mieux), si mes propos en font bondir certains!
Voici quelques citations de Bruno Sulak que j'aime particulièrement:
« Je fais un pari, le jour où la culture intellectuelle, physique, l'éducation véritable, les sentiments, la musique auront cours en prison, je suis disposé à y retourner, à y rester. Mais en attendant, assez d'hypocrisie. La vérité, c'est que l'individu en prison est brisé, déséquilibré, rendu hargneux, haineux et violent... »
« Les flics ont le droit de m'abattre, c'est sûre. Moi, je ne m'octroirais pas le droit de tirer sur eux. Je ne veux pas leur ressembler ».
« On ne réussit pas tous les coups, pas à n'importe quel prix ».
« Le butin, lui, ne serait jamais un prétexte à la violence: la violence court les rues, les butins aussi, il est toujours possible de choisir l'un sans l'autre et dans notre cas les butins sans violence ou aucun des deux ».
« La nouvelle m'atteint comme une balle en plein coeur.
L'ami, le frère, tué, abattu par des flics qui savent que nous avons choisi de ne pas tirer, de ne pas tuer. Que nous avons toujours évité la violence, que l'arrêter était possible... Sauf, sauf si l'on voulait par la même occasion m'annihiler. C'est réussi, je n'existe plus.
Ma vie n'est plus qu'un cri. »
On pourrait croire que certaines âmes ne peuvent supporter la médiocrité, la méchanceté, l'égoïsme et les bassesses de ce monde et en sont les premières victimes. J'espère qu'où qu'il soit, il pardonne la bétise, la méchanceté et l'ignorance de certains hommes qui n'avait pas compris qui il était.
Il y a quelque temps, j'ai entendu le terme d' « éveilleur de conscience », ce terme me plaît beaucoup et je trouve qu'il convient bien à Bruno Sulak. Par sa vie, ses mots, il nous fait réfléchir sur le monde, la justice, la liberté. Il y aurait encore tant à dire, mais ici s'achève les articles hommages à Monsieur Bruno Sulak.
Pour finir, je tiens à adresser une pensée à la famille de Bruno Sulak, à celle de « Steve », ainsi qu'à tous ceux qui, en ce moment même, subissent les injustices et les excès du système.
Quelques liens:
Bruno Sulak: 23 ans déjà (Partie 1)
Bruno Sulak: 23 ans déjà (Partie 2)
J'ai parfois l'impression que même en prison, Bruno Sulak était bien plus libre que trop de gens qui sont prisonnier de leur ignorance, de leur préjugés et de leur petite vie bien réglée de gens bien pensant qui ne remettent jamais en cause ce qu'on leur a appris.
Leurs vie doit être bien plus simple, je les envie parfois, laisser les autres réfléchir à sa place. Si les choses comme elle sont, c'est qu'elles doivent être ainsi et pas autrement. Les « méchants » sont en prison ou vont bientôt l'être et ceux qui y sont l'ont forcément mérité. Parce qu'on le sais tous, le monde n'a que deux nuances, le blanc et le noir, le bien et le mal, le jour et la nuit, le yin et le yang.
Soyons un peu réaliste, la vie ça n'est pas ça, tout n'est que nuances, il n'y a ni vrai blanc, ni vrai noir, ce serait trop simple, trop facile. Au fond, on est tous plus ou moins prisonnier, que ce soit de notre éducation, de nos préjugés, de notre ignorance, de nos habitudes.
Bruno Sulak nous a montré qu'il était possible de vivre autrement, de vivre selon ce qui nous paraît juste, pas comme un voleur, il n'en était pas vraiment un au fond. Il n'a jamais voler quelqu'un dans la rue, il n'a jamais escroqué ou trahi sa parole. Il s'était « spécialisé » dans les bijouteries, qui sont des boutiques de luxe bien assurées, parce qu'il avait besoin d'argent pour rester libre et, peut-être un peu, par goût du jeu du gendarme et du voleur. Mais il n'a jamais été quelqu'un de cupide, il donnait volontiers aux personnes qu'il croisait et qui avait besoin d'argent.
Juste une anecdote:
Un jour, dans le métro, il achète un bouquet de violettes à une « très vieille femme », il lui donne une liasse de 10.000 francs, en lui disant de rentrer chez elle, qu'il fait trop froid pour qu'elle reste là.
L'argent n'est qu'un moyen, jamais une fin.
Parfois sa liberté, il l'a volée (il s'est évadé 2 fois de prison), mais il n'a jamais volée celle des autres. Il a toujours assumé ses actes et n'a jamais essayé de faire arrêter quelqu'un d'autre à sa place. Il s'était fait ses propres lois (respect de la parole donnée, respect des personnes, pas de violence, on ne vole pas n'importe quoi et pas à n'imorte qui), celles qui lui semblait juste et celles-là, il ne les enfreignait jamais.
Il a refusé la vie que la société lui destinait, métro-boulot-dodo, c'était pas pour lui. Alors, il s'est inventé une autre vie, un autre chemin, un peu par choix, un peu par hasard. Il en est mort à 29 ans, il a payé le prix fort dans une prison pour quelques bijoux et un rêve de liberté. Décidément la loi, n'est pas toujours la justice.
En prison, sa liberté il l'a trouvait dans la lecture et l'écriture. Lors de sa dernière incarcération, quelqu'un lui a demandé d'écrire des articles pour « L'autre journal », ce qu'il a accepté.
J'ai trouvé un de ses articles sur internet (http://www.emmanuel-bove.net/sulak.html), il l'a écrit en prison moins d'un an avant sa mort, il n'y parle pas de la prison mais de Rio où il avait fait un séjour peu de temps avant son arrestation. Il y raconte le drame auquel il a assisté et qui l'a bouleversé dans les rues de Rio, d'un crime qui s'est déroulé dans le Vaucluse au moment où « l'affaire Grégory » faisait les gros titres.
Ce n'est pas l'article d'un braqueur en prison, mais juste d'un homme « libre dans sa tête » qui parle de ce qui le touche ou le révolte. Lisez-le s'il-vous-plait et vous comprendrez pourquoi je fais ces articles.
Voir une biographie de Bruno Sulak
Autre article sur Bruno Sulak sur ce blog
Aujourd'hui, cela fait 23 ans que « Bruno Sulak, incarcéré à Fleury-Mérogis a tenté sa 3e évasion – découvert par une ronde, il a « sauté » par une fenêtre du 2e étage »
Bruno Sulak: un homme "honnête"
Dans un sens, sa vie a été bien plus « honnête » que celle que beaucoup d'autre, car il n'a jamais trahi ses convictions, quitte a en payer le prix fort. Il n'avait qu'une parole, le sens de l'honneur et pas de sang sur les mains, c'est plus que certains « hommes honnêtes » pourraient dire.
C'est vrai, il a braqué d'abord des supermarchés puis des bijouteries, mais il faut revenir au début de l'histoire pour comprendre comment il en est arrivé à faire ça. Il avait été déclaré déserteur suite a un concours de circonstances malheureux.
Cela faisait 3 ans qu'il était dans la légion où il n'avait pas eu le moindre rapport négatif, il faisait parti des meilleurs et était très apprécié. Il venait de réaliser un de ses rêves: battre le record du monde de chute libre, à ce moment-là son supérieur lui fait du chantage, s'il ne resigne pas pour 3 ans dans la légion, son record ne sera pas homologué. Il refuse qu'on lui force la main de cette manière. Il demande une permission pour le week-end pour aller voir sa famille à Marseille (il est basé en Corse), permission refusé. C'en est trop, il ira quand même à Marseille et reviendra, ni vu ni connu, avant le prochain appel. Enfin c'est ce qu'il avait prévu, mais durant le week-end son régiment était parti pour l'Afrique, il se retrouvait donc déserteur.
Bien sûr, il aurai pu se rendre et payer le prix de son erreur. Mais après 3 ans de bons et loyaux services, on lui fait du chantage, comme il refuse de céder, on lui supprime une permission et en plus il devrait aller en prison. Non, il n'ira pas se rendre.
Donc le voilà en cavale, mais il faut bien vivre et quand on est recherché, c'est pas facile de trouver du travail et surtout qu'il faut être discret. C'est à ce moment-là qu'il fait son premier braquage, avec son beau-frère, dans un supermarché. Ensuite les périodes de prison suivi d'évasions et de cavales s'enchaînent.
Il gardera toujours sa ligne de conduite: jamais de violence. On pourrait se dire, oui, mais pendant les braquages, il était armé et les choses auraient pu mal tourné, un coup de feu ça peut vite partir. Il faut savoir que les 2 premières balles de son arme était toujours « à blanc » et plutôt que de s'en servir, il préférait partir les mains vides, ce qu'il a prouvé à plusieures reprises.
Voilà ce qu'il a dit:
« On ne réussit pas tous les coups, pas à n'importe quel prix ».
« Le butin, lui, ne serait jamais un prétexte à la violence: la violence court les rues, les butins aussi, il est toujours possible de choisir l'un sans
l'autre et dans notre cas les butins sans violence ou aucun des deux».
Voir une biographie de Bruno Sulak
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