Présentation

Personnages Réels

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Publicité

Créer un Blog

Bruno SULAK

  

Bruno Sulak nait le 6 novembre 1955 à Sidi Bel-Abbès en Algérie où son père est militaire. Il est l'aîné de la famille qui compte quatre enfants. La famille quitte l'Algérie pour toujours en août 1957. La famille déménage plusieures fois avant de s'installer à Marseille.

 

Quand il a 15 ans, à Marseille, il est le chef d'une bande où il imposait ses règles: on ne touche pas au sac des vieilles dames, on ne vole pas les pauvres et on respecte les filles.

« On a une bande pour se défendre, pas pour devenir des voyous »

 

En 1971, il s'engage dans l'infanterie de marine à Frégus. Au bout de 6 mois, l'infanterie rompt le contrat, à cause d'une histoire de vol de mobilette auquel il a participé l'année précédente.

 

En fin d'année 1973, il est envoyé chez les « diables rouges », le 1er bataillon disciplinaire de France à Colmar.

 

Début 1975, il a fini l'armée et n'a pas voulu s'engager. Il travaille avec son père dans la peinture et la tapisserie. Il travaillera également comme barman. Ensuite, il s'engage dans la légion où il portera le nom de Bernard Suchon.

 

En mai 1976, il part à Djibouti avec le 2e REP.

 

En 1978, cela fait 3 ans qu'il est dans la légion, sans un seul jour de « trou ». En Corse, il bat le record du monde de chute-libre. On ne lui accordera l'homologation du record qu'à la condition qu'il s'engage à la légion pour 5 ans. C'est l'incompréhension et la révolte. En réaction, il part, sans permission, voir sa famille pour le week-end, pensant revenir avant que son absence ne soit remarquée. Durant ce week-end, le 2e REP part, en secret, pour l'Afrique. Le voilà déserteur.

 

24 février 1979: il se marie sous son vrai nom, Bruno Sulak, sa femme est enceinte de 6 mois.

28 février 1979: les gendarmes viennent arrêter le déserteur. Dans le coffre de sa voiture, il y a une malette contenant des billets de banque, des chèques à l'ordre d'un supermarché et des armes.

 

Le 24 juin 1980, il s'évade de la prison d'Albi.

« Je fais un pari, le jour où la culture intellectuelle, physique, l'éducation véritable, les sentiments, la musique auront cours en prison, je suis disposé à y retourner, à y rester. Mais en attendant, assez d'hypocrisie. La vérité, c'est que l'individu en prison est brisé, déséquilibré, rendu hargneux, haineux et violent... »

 

En juillet 1980, il prend une nouvelle identité, celle de Christophe Debourges, photographe. Il rencontre Steve avec qui il deviendra ami et qui deviendra son complice dans ses coups.

 

« Les flics ont le droit de m'abattre, c'est sûre. Moi, je ne m'octroirais pas le droit de tirer sur eux. Je ne veux pas leur ressembler ».

 

En août 1980, il honore une promesse faite en prison. Il avait promis que, s'il parvenait à s 'évader, il reviendrait libéré J.L. Segreto. C'est ce qu'il fit.

 

En septembre 1980, il manque d'argent. Il reprend le braquage de supermarchés, toujours de la même façon: 2 hommes à moto avec casque intégral, des menottes pour éviter tout incident, une arme avec les 2 premières balles à blanc « au cas où ». Sur le deuxième braquage, une femme fait une crise de nerf, il repart les mains vides, ne voulant pas la brusquer pour lui prendre les clefs du coffre.

« On ne réussit pas tous les coups, pas à n'importe quel prix ».

 

Un peu plus tard, 2 enfants jouent près de la salle des coffres. « Je range vite mon arme pour qu'ils ne la voit pas et je repars comme je suis venu ».

Un jour, dans le métro, il achète un bouquet de violette à une « très vieille femme », il lui donne une liasse de 10 000 francs, en lui disant de rentrer chez elle, qu'il fait trop froid pour qu'elle reste là.

Braquage d'une société de billeterie des gares du Nord et de l'Est.

Autre coup à Genève.

Voyage au Maroc.

 

En 1981, il passe son brevet de pilote d'hélicoptère.

 

Le 25 janvier 1982, il est arrêté par l'équipe du Commissaire Moreas et incarcéré à Lyon.

Le 21 juiller 1982, il s'évade lors d'un transfèrt.

 

« Le butin, lui, ne serait jamais un prétexte à la violence: la violence court les rues, les butins aussi, il est toujours possible de choisir l'un sans l'autre et dans notre cas les butins sans violence ou aucun des deux ».

 

Le 21 janvier 1983, le président François Mitterand reçoit Helmut Kohl. Les rues où ils doivent passer sont extrèmement surveillées. Bruno Sulak choisi de dévaliser une bijouterie à moins de 20 mètres de ce dispositif de sécurité. Il réussi ce coup volontairement « gonflé ».

 

Février 1984, il revient du Brésil en passant par Lisbonne et l'Espagne, en arrivant à la frontière entre l'Espagne et la France, on vérifie ses papiers (qui sont faux) et il est mis en garde à vue, parce que sa voiture est une voiture volée, ce qu'il ignorait. Après vérifications approfondies, on s'apperçoit que ses papiers sont faux, il invente une histoire (il se fait passer pour un photographe suédois homosexuel poursuivit par sa femme) et en présente d'autres, également faux, mais qui tiennent la vérification. Il doit payer une caution de 50 000 francs, il appelle Steve qui doit lui apporter l'argent, mais celui-ci arrive trop tard. Les inspecteurs chargés de retrouver Bruno Sulak, ont comparé ses empreintes à celle de ce personnage mis en garde à vue à la frontière, c'est bien lui.

 

27 février 1984, il est transféré de la maison d'arrêt de Bayonne pour la prison de Gradignan. Il projette de s'évader et fait envoyer des instructions à Steve.

 

La 9 mars 1984, Steve loue un hélicoptère pour le dimanche. Le dimanche matin, 7 ou 8 personnes pénettrent sur l'aéroport. Quelques minutes plus tard, Steve arrive, 2 coups de feu retentissent, Steve est mort. L'autopsie révèlera que la balle mortelle serait entrée par la nuque.

 

« La nouvelle m'atteint comme une balle en plein coeur.

L'ami, le frère, tué, abatti par des flics qui savent que nous avons choisi de ne pas tirer, de ne pas tuer. Que nous avons toujours évité la violence, que l'arrêter était possible... Sauf, sauf si l'on voulait par la même occasion m'annihiler. C'est réussi, je n'existe plus.

Ma vie n'est plus qu'un cri. »

 

Du 18 au 21 mars 1984 se déroule le procés d'Albi qui juge un braquage de grande surface d'Albi en 1978 qui a rapporté à ses auteurs: 293 600 francs. Un service d'ordre et des procédures exceptionnelles seront mise en place, pour éviter tout risque d'évasion. Verdict: 9 ans de prison.

 

Entre mars 1984 et mars 1985, il sera incarcéré à la Prison de la Santé, puis à Fleury-Mérogis. Il lira et écrira énormément, reprendra ses études, écrira des articles pour « L'autre journal », passera beaucoup de temps au « mitard ».

A Fleury-Mérogis, le 10 octobre 1984, il décrira une scène qui l'a particulièrement choqué, qu'il a pu voir de sa cellule. Des détenus se sont rebellé à la fin de la promenade et ont demandé à voir le directeur, d'autres voulaient juste regagné leur cellule, sans histoire. Ils ont subi la charge de CRS qui frappent à coup de matraques, de crosse de fusils, de rangers un homme qui est à terre. Une autre charge suivie la première et fut encore plus violente.

 

Le 17 mars 1985: « Dans la nuit de dimanche à lundi, Bruno Sulak, incarcéré à Fleury-Mérogis a tenté sa 3e évasion – découvert par une ronde, il a « sauté » par une fenêtre du 2e étage – son état est jugé désespéré – des explosifs auraient été découverts dans sa cellule – un sous directeur et un gardien sont en garde à vue. »

 

Il décèdera le 29 mars 1985, laissant beaucoup de questions sans réponse, notamment la cause de sa mort, toujours inconnue, même pour sa famille.

 

Avril 1985, des détenus de Fleury-Mérogie signent un appel, dont voici un extrait:

« ...Aujourd'hui, on tueBruno Sulak à coup de barre de fer qui servent à sonder les barreaux et dont s'arment les surveillants pour les rondes de nuit.

Puis on félicite chaudement les matons.

Le maton joueur de rugby ferait mieux d'avoir honte, plutôt que de narrer au mess de Fleury son exploit à coup de barre de fer sur Bruno.

Le corps médical subit des pressions. Le cadavre est montré à la famille protégé par une vitre et recouvert d'un drap...

... Sulak est mort assassiné, lapidé de coups. »

 

(cette biographie a été écrite grâce à l'ouvrage:

BRUNO SULAK écrit par Pauline SULAK aux éditions Carrère, paru en 1985. La préface a été écrite par la commissaire Georges Moreas, ex-patron de l'Office Central Pour la Répression de Banditisme)

 

Quelques sites internet:

 

celui créé par sa soeur: http://www.brunosulak.org/

Un des article de Bruno paru dans l'Autre Journal : http://www.emmanuel-bove.net/sulak.html

 
mettre des photos en ligne sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus